Aujourd' hui, vous avez tous des iPod et des baladeurs numériques MP3 Le problème, c'est que ces appareils-là ont un coût beaucoup moins aujourd' hui qu' il y a 5-8 ans...
***************************Petite histoire de l' iPod***************************
En 2000 - 2001 les dévloppeurs d' Apple ont voulu faire autre chose que les ordinateurs Alors voilà l' histoire:
« Say Hello to iPod ». C’est sur
ce message, écho du déjà lointain « Say Hello to iMac », que débarque
le 23 octobre 2001 le nouveau venu dans la grande famille des produits
Apple. Quelques jours plus tôt, c’est au moyen d’un carton d’invitation
qu’Apple a prévenu les journalistes : elle s’apprête à annoncer un
nouvel appareil électronique, et « ce n’est pas un Mac ». La
surprise n’est pas totale, car dans les jours qui ont précédé
l’annonce, des informations plus ou moins volées ont filtré. Les
équipes QuickTime et iTunes qui étaient sur le coup, le brevet d’un
appareil portable et de technologies d’échange de données entre cet
appareil et un ordinateur... Toute les informations convergeaient vers
la préparation d’un baladeur numérique.
Si le concept n’est pas nouveau, la réalisation est sans équivalent.
Sous la direction de Jon Rubinstein, patron de la division "Hardware"
chez Apple, le lecteur MP3 sort de l’âge du bricolage et du gadget et
entre... dans l’ère du Macintosh ! Transfert ultra-rapide des morceaux
grâce au port FireWire
(en lieu et place du traditionnel USB si lent), disque dur de 5 Go (au
lieu d’une mémoire flash de quelques dizaines de Mo), synchronisation
automatique avec les pistes musicales organisées sur le Mac par iTunes,
et surtout cette fameuse molette de défilement, imaginée (dit-on) par
Phil Schiller... Tout devient simple, rapide, efficace, et quel design
! Le petit appareil, tout de plastique blanc et de métal revêtu, brille
par sa sobriété et son aspect immédiatement reconnaissable. Tout a été
pensé, y compris les écouteurs : « les oreillettes, ça ne peut être que
noir, pas blanc », disait-on, se souvient Jonathan Ive. Et pourtant ce sont ces écouteurs tout blancs qui sont devenus le symbole de l’iPod. Quant aux boutons de navigation, Steve Jobs
les a voulu en nombre réduit pour simplifier l’utilisation, et de là
toutes les pièces du puzzle se sont assemblées naturellement : le seul
objectif était de donner à l’utilisateur la meilleure expérience
possible. C'était en quelques sortes, la touche personnelle du patron
d'Apple, qui n'était pas, dit-on, convaincu par le projet avant de voir
que le petit baladeur faisait l'unanimité parmi les quelques employés
d'Apple dans la confidence. Les premiers prototypes avaient pourtant
encore la taille d'une boite à chaussures !
Cependant, on ne peut parler de l'iPod sans citer le nom de Tony
Fadell. Ce serait à lui qu'il faudrait attribuer la paternité du
baladeur, tel qu'Apple l'a réalisé. Après avoir tenté de créer sa
propre société pour fabriquer l'objet, le distribuer et vendre de la
musique sur Internet, il aurait proposé son projet à plusieurs
sociétés, dont Phillips et Real Networks, qui auraient décliné l'offre,
avant de se tourner vers Apple qui non seulement se serait intéressée
au concept, mais aurait finit par embaucher l'ingénieur avant de lui
attribuer une équipe d'une trentaine de personnes. Plus humblement, la
version officielle veut qu'il ait été embauché après le lancement du
programme "iPod", en raison de son expérience passée dans le domaine
des gadgets électroniques.
L’appareil
se glisse sans peine dans une petite poche, et emporte une batterie
Sony annonçant dix heures d’autonomie grâce à une mémoire "tampon"
chargée d'éviter au disque dur de tourner en permanence. A l’intérieur,
un minuscule disque dur Toshiba de 1,8 pouces, pesant une cinquantaine
de grammes, bien moins véloce qu’un disque dur standard, mais largement
proportionné pour l’usage auquel Apple le destine. A l’intérieur
également, une puce multimédia développée par PortalPlayer, et le système embarqué Pixo.
Ce système, utilisé principalement dans des téléphones portables,
permet un développement rapide et international de logiciels pour
petites unités : il nécessite tout juste 150 Ko de mémoire ! Apple n’a
ainsi pas eu à développer son propre système, et ni NewtonOS ni MacOS X
ne sont à la base de la navigation sur l’iPod. Depuis, Pixo a été
racheté par Sun, ce qui n’a pas remis en cause son utilisation par
Apple. Seul point faible, comme souvent chez Apple : son prix. A
400 dollars (3600 francs sur l’AppleStore France à son lancement), il
est loin d’être abordable pour tous les fans de pomme ou de musique.
Certains regretteront aussi qu’il ne soit disponible qu’en version Mac,
même si Steve Jobs promet rapidement une version Windows. Les
actionnaires, en tout cas, n’y croient pas, et l’action Apple perd près
de 5% dans la journée qui suit l’annonce.
La première version présente quelques limitations : outre l’absence de
version Windows, aucune télécommande n’est prévue malgré une prise
adaptée, un seul jeu est disponible en « easter-egg » dans la fenêtre
d’informations, l’égaliseur n’est pas réglable sur le baladeur, et même
le câble FireWire est épais et rigide, bien peu pratique... Et comme
souvent, les premiers utilisateurs relèvent une certaine fragilité de
l’appareil, les retours en SAV commençant à faire parler d’eux... Quant
à la protection anti-copie qui empêche de partager les MP3 sur
plusieurs Macs, il n’aura fallu que quelques heures aux bricoleurs pour
la contourner, faisant apparaître la liste des musiques sur n’importe
quel ordinateur ! Et quitte à contourner les protections, un autre
logiciel en profite pour rendre l’iPod compatible, avant l’heure, avec
les PC !
C’est un mois après son lancement officiel, fin novembre 2001, que
l’iPod débarque en Europe, déjà accompagné de produits conçus pas
d’autres marques : chargeurs pour voiture, émetteurs FM, housses... A
la fin de l’année 2001, ce sont 125.000 exemplaires du petit baladeur
qui ont été écoulés. Steve Jobs l'avait promis : "l'iPod est une
avancée majeure", l'avenir le confirmera.
Comme tous les nouveaux produits Apple, une version plus aboutie est
disponible quelques mois plus tard. En l’occurrence c’est le 20 mars
2002 que débarque un nouvel iPod, avec 10 Go
de disque dur et un nouveau câble FireWire plus fin et souple que
l'original. Il est accompagné la version 1.1 du système. La mise à jour
s’applique via le Mac aux iPods déjà en circulation, et apporte son lot
de petites nouveautés : le double affichage du temps écoulé et restant,
un choix d’égaliseurs, un gestionnaire de contacts...
Et à peine quatre mois plus tard, le 17 juillet 2002, c’est déjà un nouveau modèle à 20 Go
qui fait son apparition. Le prix du modèle équivalent au tout premier,
à 5 Go, tombe à 300 euros. Une version PC fait son apparition,
accompagnée du logiciel MusicMatch adapté par Apple à l’iPod.
Quant à la version 1.2 du système, elle offre la recherche par
artistes, et un calendrier. Les deux modèles haut-de-gamme gagnent en
standard une télécommande et un étui. Sur ces modèles également, la
molette tournante est remplacée par une molette tactile, à la manière
des ordinateurs portables, qui ne tourne plus sur elle-même mais « suit
» les mouvements du doigt. Des petites modifications qui font parler
d’iPod « 2G », pour « Deuxième génération », une technique officieuse
de dénomination qui survivra au fil des mises à jour. Pourtant, à
peine débarqués en France, et bien que similaires aux versions
précédentes, les iPods sont retirés de la vente ! La raison est toute
simple : Apple n’a pas respecté la norme européenne qui oblige les
producteurs de baladeurs à limiter à 100 décibels la
puissance de leurs modèles. Il faudra attendre le mois d’octobre pour
que l’iPod regagne les étalages... Juste avant les fêtes de fin
d’année, donc, pour lesquelles Apple propose des iPods en série
limitée, arborant les signatures de Madonna, Tony Hawk, ou Beck, ou le
logo du groupe No Doubt, au verso. Cinquante euros de bénéfice en plus
pour Apple, et les iPods les plus chers jamais produits : près de 550
dollars !
La fin de l’année s’écoule tranquillement pour l’iPod, qui commence à
faire parler de lui : magazines, bouche à oreilles, photos de star avec
leur iPod... Tant et si bien que l'iPod passe le cap des 700.000 unités
vendues au début de l’année 2003. C’est Steve Jobs
lui-même qui l’annonce lors de la présentation de la nouvelle version,
la troisième génération ou « 3G » d’iPod, le 28 avril 2003. Les disques
passent à 10, 15 et 30 Go, soit un maximum de 7500 chansons dans la
poche ! La roue centrale n’est plus entourée de boutons, ceux-ci
deviennent tactiles et lumineux, et s’alignent sous l’écran. Quant à la
prise FireWire, elle laisse la place à un connecteur qui reçoit tant un câble FireWire (pour les Macs), que USB 2
(pour les PC), et même un Dock pour tous ! Quelques jeux, s’ils
n’impressionnent guère par leur qualité, viennent tout de même
compléter la mise. Le nouveau baladeur est accompagné d’une mise à jour
d’iTunes, qui passe en version 4.
La principale nouveauté en est évidemment l’iTunes Music Store,
attendu depuis longtemps, qui permet d’acheter de la musique
directement sur Internet, en toute simplicité. A 99 cents l’unité, les
morceaux sont téléchargés directement sur le disque dur du Mac puis
peuvent être partagés avec d’autres Macs et iPods en nombre limités, et
gravés sur CD. Si les analystes sont circonspects, Apple compte sur le
succès de son baladeur pour doper les ventes. Il faut dire que la
société joue sa réputation : après dix-huit mois de travail pour
convaincre les Majors d'ouvrir leur catalogue en-ligne, la plupart
avaient accepté, espérant que la petite part de marché du Mac
permettrait d'éviter que cette première expérience tourne à la
catastrophe ! La nouvelle mouture du baladeur révèle petit à petit ses
secrets, notamment sa capacité à enregistrer, d’abord découverte aux
tréfonds des menus d’initialisation, puis utilisée par un petit
dispositif qui transforme l’iPod en dictaphone.
La musique semble donc représenter pour Apple une part de plus en plus
importante de son image auprès du public, si ce n’est de son chiffre
d’affaire. Et cela n’est pas sans énerver une autre Apple, la maison de disque des Beatles,
devenue filiale d’EMI... En effet, Apple Computers avait eu
l’autorisation d’utiliser ce nom à la condition expresse qu’elle ne
vienne pas marcher sur les plates-bandes musicales de Apple Corps, ce
qui est remis en cause par le trio iPod – iTunes – iTunes Music Store.
Apple développe en effet de grands efforts de marketing pour faire
connaître son baladeur. Après les traditionnelles publicités sur fond
blanc, c’est en septembre 2003 qu’apparaissent les fameuses silhouettes noires sur
fond vif, qui seront déclinées dans les magazines, à la télévision, et
jusqu’aux panneaux d’affichages un peu partout dans le monde. Une
campagne de publicités reconnue par le milieu, récompensée par de
nombreux prix (Lion Média à Cannes, Grand Prix du Magazine Publishers
of America...) et, comme souvent, plagiée avec plus ou moins de
bonheur...Apple ira même jusqu’à reprendre en mai 2004 ses propres
silhouettes dans un spot télévisé, où l’on voit un utilisateur passer
devant un mur d’affiches qui s’animent sur son passage. Alex Brodie, le
créateur de cette campagne, avoue que ce fut pour lui l’un de ses
projets les plus passionnants !
Le cap du millionième iPod est
passé en juin 2003, puis les 1,4 millions en septembre. C’est à ce
moment-là qu’Apple cesse de proposer MusicMatch avec son iPod PC, le
remplaçant par une version Windows de iTunes. Les mêmes fonctions sont
disponibles que sur la version Mac, notamment le partage de listes de
lectures, le Music Store, les listes intelligentes, et la
synchronisation avec l’iPod. Il faut dire que MusicMatch venait
d’ajouter à son logiciel un magasin de musique en ligne... Simple
coïncidence ou réaction un brin irritée, c’est le moment que choisit
Microsoft pour annoncer le futur lancement, pour la fin d’année 2004,
de son propre lecteur multimédia portable. Un lecteur de plus sur un
marché très concurrentiel, qu’Apple domine pourtant de la tête, des
épaules, du torse et du bassin, avec 50 à 70% des ventes...La sortie
d’une nouvelle version, atteignant 40 Go d’espace, et d’un modèle
intermédiaire à 20 Go, prouvent qu’Apple ne cesse pas de vouloir donner
le maximum à son petit lecteur. Quant à la version spéciale qu’Apple
France aurait prévue pour célébrer, lors de l’Apple Expo à Paris, les
vingt ans du Mac, il semblerait que la maison-mère ait refusé au
dernier moment d’en autoriser la diffusion, mais personne n’en sait
plus !
Pendant ce temps, se multiplient les plaintes d’utilisateurs découvrant qu’au bout de dix-huit mois à deux ans, les batteries
des iPods tombent en rade. Ils se font entendre sur Internet, puis via
des petites mentions ajoutées aux panneaux de publicités vantant
l’iPod, prévenant les clients potentiels de cette lacune suspectée du
baladeur. Apple finit par réagir en proposant une batterie de
remplacement, au prix de 99 dollars...
Fin d’année 2003. Comme toujours à l’approche de la nouvelle année, les
rumeurs se font insistantes au sujet des annonces devant être faites
lors de la MacWorld Expo, fixée au 6 janvier, à San Francisco. Cette
année, c’est une dépêche en provenance de Toshiba qui a retenu
l’attention des analystes de toutes sortes : la marque annonçait la
disponibilité, pour le mois de janvier, de disques durs de taille
réduite (1 pouce, contre 1,8 pouces pour l’iPod), et de capacité
conséquente (1 à 4 Go). Aussitôt, les rumeurs se répandent au sujet
d’un mini iPod, disponible pour un prix largement inférieur à celui de
l’iPod, et, pourquoi pas, décliné en plusieurs couleurs ? Les prix
annoncés par le fabriquant, de l’ordre de 70 dollars l’unité, laissent
espérer un mini iPod au prix particulièrement agressif pour s’attaquer
au marché des lecteurs MP3 équipés de mémoire Flash, représentant un
tiers des modèles vendus.Il faudra attendre jusqu’au tout dernier quart
d’heure de la Keynote de Steve Jobs, ce 6 janvier 2004, pour l’entendre
parler de l’iPod. Après avoir rappelé que l’iPod, avec deux millions
d’unités vendues, occupe à lui seul près d’un tiers de l’intégralité du
marché des lecteurs MP3, le PDG d’Apple annonce que le modèle d’entrée
de gamme voit sa capacité passer de 10 à 15 Go, sans modification de
son prix.
Mais
ce n’est là qu’une petite annonce en passant. La vraie nouvelle, c’est
l’arrivée d’un « nouveau membre dans la famille iPod ». Pour
s’attaquer, en effet, au marché des lecteurs MP3 équipés de coûteuses
mémoires Flash, Apple lance un nouveau modèle, de taille réduite, mais
doté d’un disque dur de 4 Go (à comparer aux quelques centaines de Mo
dont sont équipés en règle générale les modèles Flash). Côté design, l’iPod mini,
puisqu’Apple l’a ainsi appelé, reprend les grandes caractéristiques de
son aîné. Un écran noir et blanc de taille comparable, une molette
tactile, les connexions USB2 et FireWire. La taille du modèle ne
laissant plus de place pour les boutons de commande, ceux-ci ont été
insérés sous la molette : elle peut en effet s’enfoncer légèrement et
actionner ainsi les touches placées à ses quatre points cardinaux.
Petit bonus, qui était un peu passé de mode chez Apple : cinq couleurs
sont disponibles. En revanche, et comme souvent chez Apple, le prix en
laisse plus d’un sceptique : 249 dollars, et 299 euros (prix
provisoire, la commercialisation européenne devant avoir lieu en
avril). A comparer aux 299 dollars (349 euros) du modèle traditionnel
passé à 15 Go... La commercialisation débutera le 20 février aux
Etats-Unis, avec près de 100.000 pré-commandes, mais pour l’Europe,
l’attente se révèlera beaucoup plus longue que prévue...Annoncé au même
moment, un nouveau casque, « in ear », est vendu 39 dollars et promet
des basses plus profondes et une meilleure isolation phonique pour
masquer les bruits environnants.
Rendant hommage à la
fois au Mac, le précurseur, et à l’iPod, le brillant petit nouveau,
Apple diffuse sur son site web une version revisitée de sa célèbre
publicité 1984, où l’on remarque un petit détail qui change tout : l’intrusion de l’iPod à la ceinture de la lanceuse de marteau...
Dans les jours qui suivent l’annonce, Apple diffusant des informations
un peu plus précises, on découvre, entre autres, que le fournisseur du
disque dur 1 pouce n’est pas Toshiba, mais Hitachi. Les sites
spécialisés commencent également à se pencher sur la bête, annonçant
notamment que faute de système viable (les iPods utilisant les versions
1.3 à 2.1 selon les générations), c’est la toute première version du
logiciel d’exploitation iPod qui sera utilisée... en attendant la mise
au point d’une nouvelle version compatible, avant la commercialisation ?
Les rumeurs étant aussi nécessaires aux fans de Mac que l’est l’oxygène
à l’être humain normal, il ne faudra attendre que quelques jours pour
que le New-York Times vienne reparler du concept d’iPod vidéo...Il faut
dire que quelques semaines auparavant, c’est sur le site d’Apple que
l’on voyait une petite annonce de recrutement pour un ingénieur ayant
acquis de l’expérience dans le domaine de la vidéo, pour le
développement de la prochaine génération d’iPods ! Steve Jobs, comme à
l’accoutumée, refuse de communiquer sur les projets d’Apple, rappelant
simplement que le monde de la vidéo a sûrement moins besoin
d’innovation que n’en avait celui de la musique avant l’iPod et
l’iTunes Music Store. Tout ceci sans oublier que beaucoup espèrent
aussi un iPhone, téléphone portable made in Cupertino...
Le 8 janvier, c’est un pavé dans la mare qui est lancé par Apple et... HP
! Le fabricant de PC annonce en effet avoir passé un accord avec la
marque à la pomme pour diffuser sous sa griffe un iPod, rebaptisé « HP
Digital Music Player ». Petit à petit, les pièces du puzzle se mettent
en place : dans les termes de l’accord, on trouve notamment la décision
d’HP d’intégrer iTunes (et par conséquent QuickTime) à tous ses modèles
de PC. Phil Schiller, d’Apple, précise également que le lecteur d’HP
sera exactement similaire à celui d’Apple, et c’est même une pomme qui
apparaîtra au démarrage de l’appareil. En revanche, et c’est fort
compréhensible, le logo Apple gravé au dos de l’appareil est remplacé
par le sigle HP, et la robe blanche de l’iPod laisse la place à un
bleu-gris. Ce qui met également fin à une autre rumeur : on avait
imaginé que cette couleur puisse être utilisée pour une série spéciale
d’iPods en parallèle avec l’accord Apple-Pepsi. En revanche, l’accord
relance une autre possibilité : le support du format WMA de Microsoft
pourrait être ajouté à l’iPod, afin de s’insérer plus aisément dans un
monde Wintel largement contaminé par ce format. Mais rien de tel n’est
annoncé, et Microsoft réagit sèchement en regrettant le choix d’HP, qui
brouille les repères des consommateurs, puisque la marque supporte à la
fois l’iPod et des produits Microsoft, non compatibles. Cependant, chez
HP, on considère cette question comme secondaire, l’utilisateur ne s’en
souciant pas.
Les
analystes, qui avaient accueilli l’iPod avec suspicion deux ans
auparavant, ne doutent maintenant plus de son succès, et lui prédisent
la domination du marché pour les deux années à venir. Il faut dire que,
tous comptes faits, son prix n’est pas si élevé par rapport à la
concurrence ! Et ce ne sont pas les chiffres de vente qui démentiront
ce pronostic : un million d’iPods vendus en 20 mois, puis un deuxième
million en 6 mois, et un troisième million en 4 mois ! L’appareil fait
également parler de lui dans l’actualité : il devient l’objet fétiche
des stars qui se veulent à la mode et s’affichent dans les gazettes,
iPod à la ceinture ou à la main. On le voit dans un clip de Jennifer
Lopez, à la ceinture de David Beckham, dans les mains de Mick Jagger,
Bono, Robbie Williams, Moby, Florent Pagny jusqu’en Patagonie, ou
encore Alanis Morissette ou Steven Spielberg... Quant au Juge Mann, en
charge du contentieux opposant Apple (les ordinateurs) et Apple Corps
(la maison de disque des Beatles), il a préféré prévenir tout le monde
qu’il possédait un iPod, demandant aux avocats de lui indiquer s’il
devait en conséquence se dessaisir de l’affaire... Et comme pour ne pas
céder aux sirènes de la jet-set, l’iPod entre aussi dans les musées :
il devient ici ou là un guide audio, au Mori Art Museum de Tokyo, ou au
Château de Chenonceau, plus près de chez nous...Tout cela sans oublier
qu’après la Smart et la Coccinelle fin 2003, ce sont les BMW
qui sont équipées, d’origine, d’un adaptateur pour l’iPod, piloté via
l’autoradio pour les premières, et directement au volant pour les
secondes ! Bref, un véritable phénomène de société !
Plus près de chez nous, Apple France se heurte de plein fouet à la SACEM.
En effet, la taxe Brun-Buisson, en France, est censée compenser les
méfaits du piratage, et s’applique à tous les supports numériques.
Apple, faisant cavalier seul, refuse de payer la taxe s’appliquant à
ses iPods, en moyenne 15 euros par unité vendue. Elle se défend en
expliquant que l’iPod est également un disque dur, mais il est vrai que
sa campagne de publicité n’est guère axée que sur le domaine musical !
Toujours dans le domaine légal, c’est au mois de mars 2004 qu’est
révélé le brevet qui protège l’iPod et son interface : une protection
juridique contre les contrefaçons et les fabricants en mal
d’inspiration. Ce qui explique peut-être pourquoi HP a préféré vendre
un iPod sous sa marque, plutôt que de développer un nouveau système.
Alors
même que sa sortie en Europe est toujours attendue pour courant avril,
l’iPod mini fait parler de lui, mais de manière moins flatteuse cette
fois-ci. Les utilisateurs d’outre-Atlantique se plaignent de
dysfonctionnements, voire d’une fragilité constitutive de l’appareil.
Apple réagit en affirmant que ce problème est marginal, mais pris très
au sérieux. L'avenir montrera que la qualité du baladeur n'avait rien à
se reprocher, au moment où le nombre d’iPods vendus par Apple dépasse
le nombre de Macs, suite à une augmentation de 900% en un an ! Toujours
pas disponible en Europe au début du mois de mai, l’iPod mini se trouve
aussi en rupture de stock aux Etats-Unis, et s’échange au double de son
prix sur les sites d’enchères !
Devant le succès de
l’appareil, qui propulse Apple dans le groupe de têtes des vendeurs
d’électronique, la marque à la pomme décide de lui consacrer son propre
département, indépendant de la division Matériel qui s’occupe du
Macintosh. Apple espère ainsi pouvoir faire face à la concurrence qui
s’organise, autour des baladeurs et sites de vente de musique en
lignes. De bonne guerre, ceux-ci attaquent Apple de toutes parts,
jusqu’à lui intenter des procès pour abus de position dominante, le
format AAC protégé d’Apple n’étant disponible que sur l’iTunes Music
Store, et compatible qu’avec l’iPod... Pourtant, le marché ne serait
pas si avantageux que cela, aux dires des analystes : en effet,
l’iTunes Music Store serait pour Apple un produit d’appel pour son
iPod. Vendre de la musique permettrait de vendre ensuite, avec de
fortes marges, son baladeur. La technique est ainsi rapprochée de celle
des fabricants de rasoirs, qui vendent à bas prix, voire offrent, le
rasoir, espérant ainsi se rattraper sur le prix des lames !
Enfin, après des mois de retard, iPod mini est annoncé pour l’Europe,
et le reste du monde, et promis pour le 24 juillet. Les stocks étant
cependant toujours au plus bas aux Etats-Unis, l’on doute déjà de la
capacité d’Apple a fournir largement les revendeurs. Bonne surprise en
revanche, son prix, de 279 euros, alors qu’on craignait déjà qu’Apple
ne joue sur les taux de change et ne le propose à 300 dollars. Apple en
profite également pour régler la taxe relative aux droits d’auteurs
qu’elle refusait de régler sur les autres iPods…
Le
18 juillet, le magazine Newsweek diffuse sur Internet un aperçu de son
édition du lendemain, et notamment sa Une, affichant fièrement Steve
Jobs et, dans sa main, l'iPod, nouvelle version ! Comme attendu, le
baladeur utilise la molette de navigation de l'iPod mini, et perd donc
ses boutons. On découvre dans l'article que l'autonomie gagne 50% et
atteint une douzaine d'heures. Quelques nouveautés font leur apparition
dans les menus, comme une nouvelle fonction "Shuffle" directement
intégrée dans le menu principal, ou la possibilité de créer plusieurs
listes "On-The-Go". Les modèles 20 et 40 Go prennent la place et le
prix des anciens modèles, ce qui représente une baisse de prix de 100
dollars. En revanche, pas de mise à jour possible pour les anciens
modèles, qui n'obtiennent pas le droit d'utiliser les nouveautés du
système 3.0. Aucun problème d'approvisionnement pour le modèle, qui
commence à être livré dès la semaine qui suit chez les clients de
l'Apple Store. Et si certains relèvent des imperfections techniques ou
des défauts visuels des modèles livrés, angoissant les milliers de
clients impatients ayant déjà passé commande, ces problèmes restent,
comme d'habitude, fort rares. Quant à l'iPod de Hewlett-Packard, qui
devrait être basé sur ce nouveau "4G", il est repoussé à septembre.
Quelques jours plus tard, c'est Real Network
qui crée le trouble en annonçant que son futur logiciel d'achat de
musique sur Internet sera compatible avec l'iPod, alors même qu'Apple
n'a pas souhaité diffuser les spécifications techniques de son mode de
cryptage protégeant les droits d'auteurs, ou DRM. Dénommée Harmony, la
technologie permet en effet de contourner FairPlay, le système qui
empêche de partager les musiques sur des ordinateurs non autorisés à
les lire. Pour Apple, qui met ses avocats sur le coup, il ne s'agit ni
plus ni moins que des "tactiques et de l'éthique d'un hacker"...Dans la
foulée, en France, la Fnac fait la même promesse. Il faut dire
que le géant Microsoft s'apprête à lancer son propre magasin en-ligne,
faisant frémir tous les concurrents qui n'ont pas encore su trouver
leur marché...
Le 26 octobre, l'iPod 4G commence à se sentir à l'étroit, avec
l'arrivée de deux nouveaux modèles. Le premier est une simple
déclinaison du précédent : l'iPod U2. En rouge et noir au lieu du blanc
nacré original, le nouveau modèle porte les signatures des chanteurs du
groupe, et contient leur dernier album. Plus intéressant, le deuxième
rejeton est équipé d'un écran en couleurs, et permet
d'afficher des images à l'écran ainsi que sur un téléviseur. Le disque
dur de 40 à 60 Go peut ainsi emporter 25000 photos ou 15000 chansons.
Pour synchroniser aisément les bibliothèques visuelles et sonores avec
le baladeur, Apple présente une nouvelle version de son juke-box iTunes,
qui apprend à connaître iPhoto. A 499 et 599 dollars (569 ou 679
euros), le joujou n'est cependant pas à la portée de toutes les
bourses... Pour rendre le sourire aux clients, Apple ouvre l'iTunes
Music Store aux derniers pays européens qui en étaient jusque là privés
: l’Autriche, la Belgique, la Finlande, la Grèce, l’Italie, le
Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal et l’Espagne. 99 centimes par
chanson pour tout le monde !
Le
11 janvier 2005, au cours de la conférence inaugurale de la MacWorld
Expo 2005, Steve Jobs présente un nouvel élément de la gamme iPod. Plus
petit par la taille (8x2,5x0,8 cm), le poids (22 grammes) et le prix
(99 à 149 dollars), l’iPod Shuffle revisite le concept qui a
fait le succès du baladeur d’Apple. Basé sur une mémoire Flash de 512
Mo ou 1 Go, le nouveau venu est dépourvu d’écran : plutôt que de
chercher un titre sur un écran minuscule et une interface complexe,
pourquoi pas laisser le baladeur choisir pour vous ? La marque
généralise ainsi l’option « Aléatoire » déjà intégrée dans les autres
modèles d’iPod. Pour les grincheux, il est bien sûr possible de lire
les titres dans l’ordre, mais avouez que c’est moins drôle.
Contrairement à son habitude, la marque fournit quelques accessoires en
option sans attendre que d’autres constructeurs se jettent sur le
marché : housse de protection, adaptateur pour piles… Contrairement à
ses grands frères, l’iPod Shuffle se connecte et se charge par le port
USB, et n’est pas livré avec un adaptateur secteur.
Quelques
semaines plus tard, le 23 février, Apple revoit toute la gamme de prix
de ses différents modèles d'iPod. Pour plus de cohérence, l'iPod Mini 4
Go baisse à 200 dollars, et son nouveau grand frère à 6 Go prend place
à 250 dollars. L'iPod traditionnel se retrouve seul, à 300 dollars, au
milieu de la gamme. Au-dessus, deux iPod Photo, à 30 et 60 Go, pour 350
et 450 dollars. Pour tous, le câble FireWire disparaît, ne laissant
subsister que le câble USB 2 : une manière pour Apple de conserver de
la marge malgré la baisse de prix, et de rationaliser son implantation
dans le monde PC. Quelques mois plus tard, et répondant ainsi à la
grogne d'associations écologistes, Apple met en place un programme de
recyclage des iPods arrivés en fin de vie : Apple reprend gratuitement
le baladeur, prend à sa charge son devenir dans le respect de la
nature, et offre 10% de remise sur l'achat d'un nouvel iPod.
Devant
cette gamme qui devient pléthorique, Apple décide le 28 juin de
fusionner les gammes iPod et iPod Photo, le premier disparaissant tout
en donnant son nom à la nouvelle gamme. Ainsi, si l'on ne parle plus
que d'iPod, c'est en réalité le modèle "photo" qui devient le standard,
avec écran couleurs et lecture d'images pour tout le monde, à 20 et 60
Go pour 300 et 400 dollars. Pendant ce temps, le chiffre des ventes
atteint quinze millions, tous modèles confondus.
Face
à des concurrents qui tentent de grignoter leur part du gâteau, Apple
ne relâche pas le rythme. Le 7 septembre 2005, invitant des
journalistes du monde entier, elle présente son dernier joyau : l'iPod nano.
Nano, pour « un milliardième». Et en effet, le nouveau venu
impressionne : par ses dimensions qui lui offrent un volume quinze fois
inférieur à celui de l'iPod original, par sa capacité de 2 à 4 Go, par
son écran couleurs, sa capacité à lire des photographies comme ses
aînés, et la présence d'une molette cliquable dans un si petit
appareil. Steve Jobs n'a pas peur de le dire : l'iPod nano sera le plus
grand succès dans l'histoire de l'iPod. D'ailleurs, il se murmure ici
et là qu'Apple aurait pré-réservé 40% de la production de Samsung,
premier fabricant de mémoires flash. Les centaines de concurrents
n'auront plus qu'à se partager les miettes. A 200 et 250 dollars, les
modèles prennent la place de l'iPod mini qui disparaît du jour au
lendemain alors même qu'il représentait 50% des ventes pour Apple,
preuve de la confiance accordée à son remplaçant… En France cependant,
les prix sont plus élevés : 240 et 320 euros, en raison d'une taxe
particulière sur les mémoires flash. La commission européenne promet de
se pencher sur cette inégalité rapidement... Il faudra en fait attendre
jusqu'au mois de décembre pour que la taxe soit revue à la baisse.
Les banques d'investissement réagissent dans les jours qui suivent et
promettent à Apple le nombre, à peine imaginable quelques mois
auparavant, de 43 millions d'iPods vendus en 2006, soit deux fois plus
en une seule année qu'en cinq ans de commercialisation ! Pourtant, avec
un pourcentage d'augmentation à 3 chiffres depuis plusieurs semestres,
rien ne semble impossible pour Apple qui vogue de succès en succès avec
son iPod.
Les chiffres de vente sont d'ailleurs là pour prouver que rien
n'entrave pour le moment l'ascension d'Apple, qui s'octroie toujours
des parts de marché flirtant parfois avec les 80% et des rythmes de
progression à trois chiffres d'une année sur l'autre. Les tentatives de
Sony, Dell, et autres Creative échouent les unes après les autres
malgré l'absence constante chez Apple de radio FM, d'enregistreur ou
encore d'iPod vidéo, sans parler du support du format WMA de
Microsoft...
Le 12 octobre, débarque un nouvel iPod, que tous les habitués attendaient sans trop y croire : l'iPod vidéo, numéroté 5G.
Un écran de 2,5 pouces tout en couleurs, des disques de 30 ou 60 Go, et
30% d'épaisseur en moins : le nouveau venu redonne à nouveau une
longueur d'avance à la marque.
Cependant,
pas d'iTunes Movie Store gorgé de vidéos, mais un angle d'attaque
inédit : l'iTunes Music Store devient la première boutique en ligne à
proposer des courts-métrages, des séries télévisées, des clips, des
émissions... Dans la foulée, d'autres sites se lancent dans le "Podcast
vidéo", à la manière du Podcast qui avait lancé la radio à la demande.
En moins de trois semaines, le Music Store écoulera un million de
vidéos, à 1,99 dollars pièce (2,49 euros). Au fil des semaines qui
suivent, de nouveaux partenaires rejoignent Apple : ABC, Pixar, NBC...
Dans le même temps, le compteur de l'iTMS atteint 850 millions de
chansons, à un rythme promettant déjà un milliard de chansons par an.
Le 10 janvier 2006, en même temps que l'iMac et le MacBook Pro
emportant un processeur Intel, Apple annonce ses chiffres de vente
concernant l'iPod : 14 millions de baladeurs vendus en un trimestre,
le record est à nouveau battu. Cent iPods par minute, le chiffre laisse
rêveur... La gamme devient un tel phénomène que le fabricant de jeans
Levi's a conçu un pantalon équipé pour recevoir le baladeur et le
télécommander depuis la poche... Pour parachever sa gamme, Apple
propose un récepteur radio qui s'intercale entre l'iPod et les
écouteurs, et qui affiche à l'écran la fréquence reçue ainsi que le nom
de la radio grâce au RDS.
Pendant qu'Apple survole le marché des baladeurs MP3, ses concurrents
boivent la tasse. Ainsi, après Virgin en mars, Rio en août, Olympus et
Benq en novembre puis Thomson en décembre, c'est Dell qui annonce le 4
février qu'elle met fin à sa présence sur le marché des baladeurs à
disque dur. Puis, le 13 février, Sony retire ses baladeurs à base de
mémoire flash « Walkman Bean », après tout juste quatre mois de
commercialisation. Tous présentaient leurs produits comme des « iPods
killers », des tueurs d'iPod…
Si la concurrence n'est pas rentable, il y a peut-être une troisième voie : la contrefaçon.
Certains tentent leur chance, et les premiers baladeurs très « inspirés
» par l'iPod apparaissent sur les marchés au fur et à mesure que la
concurrence disparaît. Le début de l'année 2006 est marquée par une
multiplication de baladeurs dont le design est repris de l'iPod shuffle
puis du nano. Pourtant, les faussaires multiplient les protections :
ils ne reprennent ni la marque « iPod » ni le logo d'Apple, se
contentant des termes « lecteur MP3 » et d'une pomme bien ronde. Le
phénomène, déjà visible en Europe, est encore plus important sur le
marché asiatique où des clones chinois de l'iPod, d'une qualité
déplorable, inondent les boutiques d'électronique… Voir la suite...
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